La sophrologie face à la douleur chronique : ce qu’une première étude britannique commence à mesurer …
On ne mesure pas la sophrologie comme on mesure un médicament. Une équipe britannique vient quand même d’essayer, avec les moyens d’une étude pilote, ses limites assumées et un premier résultat qui mérite d’être lu tel quel.
En séance, la phrase revient souvent, presque mot pour mot : “la douleur est toujours là, mais je n’y pense plus toute la journée.” Ce n’est pas une disparition. C’est un changement de place. La douleur cesse d’occuper toute la journée, de la première pensée au réveil à la dernière avant de s’endormir. C’est exactement ce qu’une équipe de l’Université de West London vient de commencer à documenter.
Cent adultes britanniques vivant avec une douleur qui dure depuis longtemps ont été répartis au hasard entre un programme de sophrologie de huit semaines et un groupe témoin. C’est une étude pilote, randomisée et contrôlée, publiée en juin 2026 dans le Journal of Evaluation in Clinical Practice. Le mot compte : pilote signifie qu’elle teste la faisabilité d’une étude plus large, pas qu’elle apporte une preuve définitive.
Il faut le dire tout de suite, avant le reste : seuls 17 participants sont allés au bout du programme et du suivi côté sophrologie, contre 26 côté témoin, soit 43 personnes suivies sur les 100 randomisées au départ. Un abandon important, que les auteurs eux-mêmes signalent sans le minimiser. Les mesures reposent sur ce que les participants ont rapporté eux-mêmes, sans possibilité de faire les séances à l’aveugle, ce qui est le cas pour ce type d’accompagnement. Les chercheurs demandent d’ailleurs une étude plus large pour confirmer quoi que ce soit.
Chez les personnes qui sont allées au bout, le groupe sophrologie montre une baisse du recours aux antidouleurs, moins de ruminations, moins de catastrophisme face à la douleur, un moral plus stable et de meilleures nuits, comparé au groupe témoin. Un point mérite d’être noté justement parce qu’il n’arrange personne : aucune différence significative n’apparaît sur la satisfaction de vie ou la résilience globale. Une étude qui montrerait des résultats partout serait suspecte. Celle-ci montre des résultats sur certains points, pas sur d’autres, et c’est ce qui la rend crédible.
Un mot sur la baisse du recours aux antidouleurs observée dans l’étude : elle a été mesurée dans le cadre d’un programme encadré de huit semaines, suivi et accompagné. Elle ne se transforme pas en conseil individuel. Ce que vous prenez, sa dose, sa fréquence, relève uniquement de votre médecin.
Ce que cela change concrètement, c’est le cadre dans lequel poser la sophrologie. On ne lui demande pas de faire taire la douleur. On lui demande d’agir sur ce qui l’entretient et l’amplifie : la tension musculaire qui s’installe par anticipation, la rumination qui tourne en boucle, la peur de la prochaine crise, le sommeil abîmé qui abaisse le seuil de tolérance. C’est un travail sur le vécu de la douleur, pas sur son origine. Et le vécu, lui, se travaille.
Un exercice simple à essayer, sans rendez-vous nécessaire, celui que je propose le plus souvent en début d’accompagnement : installez-vous assis ou allongé, les yeux fermés si c’est confortable. Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu’à quatre, retenez une seconde, expirez par la bouche en comptant jusqu’à six. Répétez dix fois. Puis, sans changer votre respiration, relâchez mentalement chaque partie du corps l’une après l’autre, des pieds jusqu’au visage, sans forcer, juste en y portant votre attention quelques secondes à chaque fois. Deux à trois minutes suffisent pour sentir une différence sur la tension, pas nécessairement sur la douleur elle-même.
Si votre douleur pèse sur vos journées depuis longtemps et que vous cherchez un accompagnement en complément de votre suivi médical, écrivez-moi ou appelez le cabinet à Saint Pierre des Corps, je vous rappelle pour en parler et trouver les solutions qui fonctionnent pour VOUS !